Nous l'avons entendu assez souvent, la métaphore qui dit que l'Église est un bateau.
Je me rappelle même d'un orateur qui avait posé la question suivante : si l'Église est un bateau, quel type de bateau est-elle ? J'en ai vu pas mal ici au Cap, dans le port du Waterfront :
Des croisières de luxe
Des navires militaires
De petits bateaux de plaisance
Des bateaux de pêche
Des canots de sauvetage
Il y a du vrai dans toutes ces images.
Il y a des moments où nous vivons des choses tellement sympathiques, tellement joyeuses, qu'on pouvait se croire à bord d'une croisière. C'est un festin, une célébration et le maître de la fête change l'eau en vin, le meilleur vin qui soit...
Il y a des moments militants, aussi, où l'Église est confrontée au monde, avec ces systèmes d'injustice où le péché prolifère et où Dieu est marginalisé pour n'occuper qu'un petit coin d'une supposée sphère privée - à ces instants-là, unis autours d'un même projet, suivant le même capitaine, nous avançons pour promouvoir la justice, la compassion, des émissaires de Jésus pour répandre son message et son amour...
Il y a des moments, aussi, où nous vivons un peu repliés sur nous-mêmes, en sortie avec nous-mêmes sur un petit bateau de plaisance, de tourisme...
La pêche ! Jésus a dit, suivez-moi, je ferai de vous des pêcheurs d'homme. Et de vrais pêcheurs ont quitté leurs filets pour le suivre, et pour annoncer au nom de Jésus le pardon, la repentance, la foi et la joie avec Dieu. On entre dans ces filets-là de bon gré, on est content de s'y retrouver...
Le sauvetage. Nombreux sont ceux, qui, naufragé par la vie, à la merci des vagues et des tempêtes de la vie ont trouvé dans l'Église un lieu de paix, de guérison, de pardon.
Oui, toutes ces images conviennent bien à des moments de la vie de l'Église. Mais à tout moment dans son histoire, l'Église a besoin d'une autre image. Celle-ci :
L'Église comme bateau en cale sèche, en train d'être repeint, remodelé, réparé...
C'était le message, samedi matin, de Chris Wright, missiologue, théologien et étudiant de l'Église mondiale. Parlant de notre témoignage, du décalage entre notre message et notre vie, il a prononcé les mots suivants à notre sujet, l'Église évangélique rassemblée au Cap : 'Nous sommes un scandale, un reproche, une pierre d'achoppement. Le plus grand obstacle à la mission de l'Église, c'est le manque d'authenticité et d'intégrité dans l'Église.' En le disant, il a rappelé une croyance profonde de la Réforme protestante au temps de la décadence de l'Église romaine : les réformateurs ont dit, avec beaucoup d'humilité : semper reformanda, toujours en train d'être réformée.
Ce qui est miraculeux avec l'Esprit Saint, qui entreprend la remise en état de l'Église en permanence, c'est qu'il peut faire son travail de réforme sans nous enlever complètement de l'eau, et sans nous enlever ces autres caractéristiques. Et qu'il fait la même chose pour chacun des membres de l'Eglise. Quelle grâce et quel amour.
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