5 vignettes d'aujourd'hui pour tenter d'aller plus loin.
3. Dans le taxi au retour de Table Mountain. Le chauffeur est Zimbawéen, le CD aussi. La musique est entrainante, vivante mais les paroles inaccessibles pour moi. Je lui demande de quoi il s'agit. 'Dans cette chanson, le chanteur nous rappelle que si nous devenons riches, nous devrions pas oublier les pauvres, mais plutôt partager.' Deux chants plus tard 'Et ici, il chante comme un enfant dont le père bat la femme, et les enfants disent au père, tu nous fait peur quand tu fais ça, comment peut-on vivre en voyant les larmes qui coulent sur les joues de maman ?' Des tubes zimbabwéens, qui prennent à bras le corps, mais sans agressivité et avec optimisme les questions culturelles du jour. Qu'est-ce que notre musique peut être banale en occident...
4. Rencontre avec le directeur de la mission baptiste en Irlande. On parle des occasions que nous pouvons offrir à des jeunes de goûter à la mission et au service des Églises ailleurs. Il me parle de 10 jeunes qui sont partis 9 mois au Pérou dont 7 comptent donner une suite positive et plus à long-terme à leur expérience. De quoi me faire rêver encore...
5. Je vous ai parlé de l'insécurité. Je rentrais du Waterfront ce soir vers 21h30. Il faisait noir. Je vois devant moi, faisant quasiment obstacle sur le trottoir, un homme immense, le bonnet enfoncé sur la tête, les bras croisés, les biceps gonflés. Je m'approche de lui, mon cœur accélère. Je vois devant lui un appareil photo, il est juste en train d'attendre une photo de 30 secondes de temps de pose. Soulagé, je lui parle, il m'explique ce qu'il fait, il me montre la différence entre 2 secondes, 4 secondes, 10 secondes et 30 secondes. Plus l'image est exposée à la lumière, plus elle a de luminosité.
Comment une personne devient-elle une personne ? Ma réponse définitive - lorsque j'en aurai une - contiendra les mots suivants : l'éducation, l'amitié intentionnelle, la culture positive, les occasions de faire les expériences, et un temps de pose très long face à la Lumière.
En lisant et méditant sur ce sujet "comment une personne devient-elle une personne ?" Une question s'impose à moi : quel est mon rôle dans cette transformation ? comment participer à cette naissance ? Et tous les éléments de réponses tournent autour de la connaissance, avec tout son sens étymologique de naissance ensemble. Éduquer c'est permettre d'accéder à la connaissance, aimer en amitié nécessite d'apprendre à se connaitre, sans expériences pas de connaissance. Sans naitre à nouveau avec l'autre, avec Dieu une personne ne peut pas devenir une personne. Suis moi même une personne si je ne renais pas à l'autre à chaque instant, si je ne renais pas à Dieu à chaque instant.
RépondreSupprimer"comment une personne devient une personne?"
RépondreSupprimerveux-tu dire comment on forge sa personnalité?
Yves - merci pour ces réflexions. J'aime la résonance que tu donnes à connaître dans ce contexte. Thierry - c'est un peu plus fort que ça, pour moi, mais ça inclut forger sa personnalité. C'est se réaliser pleinement, être une personne comme Dieu l'entend, qui reflète sa gloire et qui aime et comprend son voisin. C'est aussi peut-être plus ouvert et généreux que 'forger sa personnalité' qui pourrait être une démarche égoïste ou en dépit des autres. Mais j'avance à tâtons... et avec vous !
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