C'est un Congrès mondial, global pour l'Église globale - ou plutôt cosmique comme l'a rappelé John Piper, Ephésiens 3 à l'appui.
Qui fait tous ses efforts pour 'être mondial dans tous les sens. D'abord par la représentativité. Il y a des délégués de 197 pays. J'ai essayé de lister tous les pays que je pouvais sans consulter la toile ou un bouquin de référence. J'en suis à un peu plus de cent. Il y a des délégués de pays dont je ne connais pas, ou pas tout de suite, le nom. Aussi par la diversité - entendre des chants en arabe ou en japonnais qui louent le même Dieu est merveilleux.
Qui est retransmis par internet aux 4 coins du globe, à des centres dans beaucoup de pays qui relayent le Congrès live et en direct. Dont les portails internet permettent aux surfeurs de commenter et même influencer le Congrès par leurs interventions sur des thèmes précis.
Qui est possible grâce au village global créé par le transport facile et de moins en moins cher.
Où les outils de la mondialisation sont omniprésents - vidéo, écran géant, communication numérique de qualité...
Et dans ce Congrès qui profite énormément des possibilités offertes par la mondialisation, nous nous posons la question des écueils de la mondialisation pour l'humanité et pour l'Eglise.
D'abord qu'est-ce que la mondialisation ?
C'est un concept difficile - parle-t-on du système capitaliste ? C'est sûr que c'est un système totalisant, globalisant.
Mais c'est mieux de dire que c'est la possibilité de communiquer instantanément, simultanément et partout, ce qui a pour effet d'embrouiller la distinction entre présence et absence. Par le biais d'un écran ou d'un sms, on peut être absent du lieu où se trouve son corps et présent dans un lieu à des dizaines de milliers de kilomètres. La barrière de l'espace est anéantie.
Le monde évolue vers cette communication instantanée, simultanée et omniprésente depuis l'invention de la roue et des routes, de l'alphabet et des imprimeries. Mais dans le monde informatique, nous sommes arrivés à un stade qui dépasse de loin tous les autres. Il y a des bénéfices et des coûts énormes. Pour donner un exemple : avec la communication par mobile et par internet, nous habitons un espace unique - le travail nous suit jusque dans nos salons et nos salles à manger.
En même temps, on peut remarquer que cette communication oppose le réel au virtuel, le substantiel au divertissant, le dialogue à la phrase qui tue. Notre capacité de communiquer et d'assimiler est de plus en plus fragmentée et dissipée. Ce qui différencie - dans le sens positif - une région de la prochaine, un pays d'un autre est effacé, le générique règne.
Et voilà l'ironie. En choisissant les outils de communication de la mondialisation, le Congrès est parfois lui-même sujet à ces mêmes critiques.
En variant les modes et moyens de présentation sans cesse, en limitant les orateurs dans leur temps de parole (25 minutes pour la première plénière, jamais plus de 15 minutes pour le reste de la journée), en faisant suivre les interventions instantanément sans laisser de temps pour développer, digérer ou analyser, les organisateurs risquent d'importer les caractéristiques néfastes de la mondialisation dans le Congrès.
Ce qui est dommage, car les intervenants et les infos sont de qualité. Mais que penser lorsque dans un programme de 90 minutes, on peut avoir sur l'estrade Samuel Escobar et René Padilla, deux géants de la réflexion et de la pratique de la mission de Dieu des 50 dernières années, et n'entendre de leur part que 10 minutes de conversation ? Et cela après une intervention de Tim Keller, un des pasteurs les plus innovants dans la matière de l'Eglise en milieu urbain, où il ne disposait que de 15 minutes ? Et le tout entouré et parfois noyé dans des vidéos, des témoignages, des sketches.
On a tous les défauts de nos qualités, ce Congrès ne fait pas exception. Je suis content que les qualités sont plus présentes que les défauts, j'espère que dans la 2e moitié du Congrès, on palliera certains d'entre eux.
C'est le premier blog un peu négatif jusque là. Cela ne veut pas dire que j'ai cessé d'aimer cette expérience, de m'émerveiller, de me ressourcer. Au contraire. Mais j'espère qu'en lisant cette réflexion constructive mais critique, vous me croirez davantage quand je dirai tout le bien que je pense de ce Congrès.
Dans la définition même du mot communication il y a le concept d'échange, de partage ; pour moi ce n'est plus communiquer que de donner une information sans possibilité à l'auditeur de donner son point de vue. Il n'y a communication que s'il y a des interlocuteurs pouvant mêler leurs voix à celle de l'orateur. De plus une "communication" de valeur perd beaucoup de sa portée s'il n'est pas possible à l'auditeur de reformuler avec ses propre mots ce qu'il vient d'entendre pour s'assurer qu'il a bien compris ce que l'orateur a voulu dire. Mais c'est utopie de vouloir communiquer ainsi dans le contexte d'un congrès où, en plus, la communication est multitraduite (toutes traductions trahit le texte d'origine)
RépondreSupprimerJe me réjouis de la qualité des intervenants qui te donnent des informations de qualité mais ne te permettent pas d'entrer dans un échange, de communiquer au vrai sens du terme.
Merci de tes partages.
Tu poses là toute la question de l'équilibre enttre la communication et le relationnel. Pas simple pour nous tous.
RépondreSupprimerDigérer Tim Keller en 15 minutes ! Un véritable défi !
Chris Short
Dans ce méga zapping, qu'est ce que tu nous conseilles d'écouter parmi toutes les ressources mises en ligne sur le site du congrès?
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